UN ARRONDISSEMENT FRATERNEL ET SOLIDAIRE !

19 juin 2020

Histoires et anecdotes

La Liberte-guidant-le-Peuple

Notre arrondissement se crée en 1862 sur les anciens contours du quartier Popincourt. Cette année-là, on bâtit la première mairie haussmannienne : la nôtre ! Depuis des siècles, nos rues, nos quartiers, nos immeubles et les différentes communautés ont manifesté une solidarité sans faille pour les mal chanceux de la vie : les pauvres, les chômeurs, les femmes seules, les orphelins, les laissés-pour-compte.
Mettons le cap sur les années révolutionnaires : ça n’est pas pour rien que la Bastille a été détruite ! Ça s’est passé dans notre arrondissement ! Le peuple de Paris, laborieux, actif, est malheureux. La royauté, l’église et la noblesse se soucient peu de leur cas. Il se soulève pour avoir enfin des jours meilleurs ! Quelques grandes personnalités se dessinent : les petites sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, pour les pauvres, Olympe de Gouges, pour le droit des femmes…
Les années passent. La révolution industrielle arrive avec son cortège de dureté de la vie, de misère dans les rues et les premières associations d’entraide se créent. Puis arrive la Commune de Paris, en 1871, qui s’installera un temps dans notre Mairie avant d’être anéantie par les troupes de Thiers. Le programme de la Commune a inspiré les théories marxistes : le pouvoir par et pour le peuple ! Mais il ne sera jamais appliqué !
En 1875 est construit l’établissement Dorian, pour accueillir les enfants orphelins de la guerre de 1870-1871 ; Mme Dorian en est la généreuse donatrice. Cette maison d’accueil deviendra par la suite un lycée professionnel réputé, avenue Philippe Auguste.
Puis arrivent, des confins de l’Europe, les premiers immigrés fuyant la misère et les pogroms anti-juifs entre 1880-1940. Pour eux, on crée des comités de défense et d’entraide. Ils seront les premiers à prendre les armes au cours des deux guerres mondiales.
Au début des années 1900, un prêtre, le père Anizan, ému par les souffrances du peuple du 11e, crée des structures d’aide et de solidarité. La mairie ne sera pas en reste et fait maints efforts pour construire des logements décents et pour la scolarité des jeunes.
En 1904, un terrain, à l’angle de la rue de Charonne et de la rue Faidherbe, sur ce qui restait d’un couvent dominicain des Filles-de-la-Croix, fut acheté par la fondation Lebaudy. On y construisit une grande maison d’accueil protestante pour hommes célibataires qui devint, en 1914, hôpital des Armées, puis, en 1919, ministère des Pensions et, enfin, mis en vente en 1925. Cette année-là, grâce à une grande souscription, les époux Peyron, de l’Armée du Salut, acquièrent ce bâtiment qui sera transformé en Palais de la Femme, pour les femmes en grande difficulté. Inauguré en 1926, c’est le plus vaste édifice de ce genre en Europe.
Mais c’est surtout après la Seconde Guerre mondiale que se dessinera la carte actuelle des structures solidaires. Le 11e devient alors le second arrondissement de Paris, après le 18e, pour le nombre de ses associations dont beaucoup sont créées pour l’aide et la solidarité. De grandes structures se mettent en place : Secours Catholique, Secours Populaire, Croix Rouge.

Hubertine Auclert, honorée par une plaque rue de la Roquette, met tout en œuvre pour l’émancipation féminine. C’est aussi l’essor des œuvres laïques (colonies de vacances, camps d’hiver ou d’été), des patronages catholiques ou populaires et, aussi, de leurs « colos », des PMI, des syndicats ouvriers.
Puis, il y a quelques années font leur apparition les Restos du Cœur – créés, entre autres, par Coluche -, ainsi que des structures d’accueil des gens de la rue dans un bon nombre de paroisses de l’arrondissement. N’oublions pas la MJC de la rue Mercœur ! Les Conseils de quartiers, avec leurs commissions « Solidarité », sont co-gérants notamment de la Bagagerie, lieu d’accueil pour les gens de la rue, située rue Oberkampf !
Et puis, il y a nos lieux de bravoure : Bastille, Nation, République, où l’on continue de proclamer, de défendre des luttes pour des vies meilleures….

Ce bilan n’est pas exhaustif ! Tout ne peut être dit, on ne peut pas tout connaître ! Car il y aura, souvent, chez nous, des gestes fraternels, des actions d’entraide qui resteront anonymes. Mais qui sont bien là !
Les temps ont changé. Notre arrondissement, depuis 1862, a beaucoup évolué. Certaines activités sont parties, d’autres, nouvelles, sont arrivées. Mais la vie est restée celle d’antan, avec ses difficultés, mais aussi avec ses richesses.
Alors, qu’aujourd’hui, se profile « la vie d’après », n’oublions pas que nos quartiers ont toujours fait face à l’adversité grâce à leurs forces fraternelles et solidaires !

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